Acteurs coopératifs | Le CIVAM et les paysans boulangers

De gauche à droite : Ludovic, Rosy, Cécile et Youry, paysans boulangers. Photo : Fournil de la Billardière

Le projet « Nos campagnes en résilience » a pour mission de mettre en lumière la résilience des agriculteurs dans la France rurale. Pour ce faire, il faut d’abord comprendre quels acteurs et organisations constituent la fibre du tissu paysan rural. Dans la série « Acteurs coopératifs », nous emmenons le lecteur à la découverte des institutions, organisations et pratiques qui accompagnent soutenir nos paysans. Dans cet article, nous présentons le travail des Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (CIVAM).

Un aide pour les boulangers paysans

À Cérizay, en Nouvelle-Aquitaine, Cécile, Youry et Ludovic, avec leur salariée Rosy, sont des paysans boulangers. Les 3 associés ont créé le GAEC La Billardière en 2018. Ils cultivent 20 hectares de terres agricoles et échangent parfois certaines terres avec des voisins. Depuis le début, ils réfléchissent aux méthodes qui leur permettraient de tirer parti de la coopération de la communauté dans leur entreprise.

Par exemple, via leur association locale CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural). Au sein de l’association, ils ont créé un groupement régional de paysans boulangers, qui partagent leur savoir-faire tout en créant un espace de rencontre, de collaboration et de transmission des connaissances.

Le farm shop. Photo : Fournil de la Billardière

Qu’est-ce que c’est un CIVAM ?

Les CIVAM sont des groupes d’agriculteurs et d’autres acteurs ruraux qui travaillent de manière collective à la transition agroécologique, dans le but de créer des campagnes vivantes. Leur réseau national compte bientôt 130 associations locales, départementales ou régionales qui sont fédérées dans un réseau national.

Leur mission :

« Développer une activité, un lieu, y vivre, y travailler. Et y recevoir. Ouvrir le champ aux consommateurs, à des vacanciers de passage, des scolaires, des stagiaires, mais aussi aller un peu plus loin et accueillir des publics en difficultés sociales. Transmettre, apprendre, prendre et donner des nouvelles de la société… »

Les CIVAM œuvrent pour le développement d’une agriculture durable, des campagnes vivantes et plus globalement pour une accélération des transitions actuelles vers de nouveaux modèles agricoles et alimentaires. Selon le président Aurélien Leray : « Il y a un enjeu fort pour arriver à transmettre les fermes, et à s’intéresser au projet de transmission de tous les futurs cédants. »

En effet, plusieurs leviers sont explorés dans les CIVAM pour accompagner les futurs cédants : accueil et suivi individuel, formations collectives, animation de groupes d’échanges entre pairs, d’évènements ou de projets sur les territoire (soirées débats, café discussions, interventions, sensibilisation des acteurs para-agricoles,… ) en complément d’actions plus larges de recherche ou de concertation pour contribuer à l’évolution des politiques publiques en la matière.

M. Leray continue : « L’enjeu pour nous, ce n’est pas juste « une transmission pour une installation », c’est d’être plus ambitieux que ça. C’est d’arriver à avoir plus d’installations que de transmissions, en réfléchissant à améliorer la valeur ajoutée sur les fermes en créant créer plus d’emplois ».

Pains au levain. Photo : Fournil de la Billardière

Quels projets peuvent les CIVAM s’engager à faire ensemble ?

Les CIVAM peuvent mobiliser les membres de leur association sur de nombreux sujets. Par exemple, sur l’accueil de femmes victimes de violence :  l’accueil à la ferme est une pratique bien établie pour le CIVAM du Finistère, qui accompagne un noyau d’accueillant dans la définition de leur projet, la mise en place de partenariats avec des structures sociales et l’analyse de leurs pratiques. Retour sur 5 années de réflexion collective pour accueillir des femmes fuyant le domicile conjugal.

Ou bien, des projets plus petits mais toujours aussi puissants, comme organiser un stage pour apprendre à faire un four à pain….

Le four gueulard. Photo : Fournil de la Billardière

Le partage des compétences : construire un four à pain

Pour les paysans boulangers Youry, Cécile, et Ludovic, le CIVAM local les a aidé à rentrer dans le réseau, mais aussi leur à donner l’opportunité de construire un four à pain ensemble, une action qui permet la transmission et le partage des connaissances.

« Le CIVAM, cela fait partie des acteurs importants depuis que l’on a commencé. Nous, cela nous a permis de rentrer dans le réseau des producteurs et d’avoir des liens assez vite avec d’autres producteurs qui nous ont ouvert des débouchés, qui nous ont donné des contacts, cela a été vraiment important dès le début » dit Cécile.  

Selon Youry : « Avec le CIVAM, on a créé localement un groupe de paysans boulangers au Nord Deux-Sèvres. C’est venu de nous ». Le jour où ils ont construit leur four, plus d’une douzaine des collègues étaient présents pour apprendre la méthode de construction.

Moulin. Photo : Fournil de la Billardière

Un CIVAM pour tous ?

Peut-être pas encore, mais pourquoi pas ?

C’est grâce à la structure d’entraide mise en place par le CIVAM du Haut Bocage que Cécile, Youry, Ludovic et les autres paysans boulangers du coin auraient pu se retrouver ensemble pour apprendre, échanger, partager leurs savoir-faire et renforcer leurs liens sociaux.

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Souhaitez-vous rejoindre cette aventure proposée par ARC2020 ? Soyez les bienvenus pour vous informer, écouter, vous engager ou participer à des rencontres. Il vous suffit d’envoyer un petit mail à Valérie GESLIN, coordinatrice de projet. 

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GAEC La Billardière a contribué un chapitre au livre « Rural Europe Takes Action », édité par ARC2020 et Forum synergies. Le livre est disponible à télécharger gratuitement ici (version anglaise uniquement).

 

 

 

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A propos Ashley Parsons 19 Articles

On her 7000km journey from France to Kyrgyzstan on bicycle and horseback, daily interactions and sometimes long sojourns with rural farmers and grassroots organizations showed Ashley Parsons the resilience and strength of our rural communities. Ashley is a writer and journalist dedicated to exploring potential and existing systems of inclusive progress, whether they are found in the agro-economy sphere or in the larger biodiversity and environmental conservation movement. In her work with ARC2020, she acts as the Paris correspondent, covering newsworthy agri-food and rural topics at the EU level, communicating with partners, and assisting with the on-the-ground work of Nos Campagnes en Résilience in supporting farmers and other rural actors.

A propos d’Ashley Parsons

Lors de son voyage de 7 000 km de la France au Kirghizistan à vélo et à cheval, Ashley a fait de nombreuses rencontres avec les paysans et des membres associatifs de terrain. Elle a même séjourné plusieurs semaines chez certains d’entre eux découvrant, ainsi, la force et la résilience des campagnes. Écrivaine et journaliste, Ashley s’est consacrée, principalement, à l'exploration de systèmes progressistes - tant aux possibilités qu’à l’existant - qui favorisent l’intégration sociale, et se trouvant dans le monde agro-économique ou de manière plus large, dans le mouvement de conservation de la biodiversité et de préservation de l’environnement. Au sein de l’association ARC2020, elle est correspondante pour la France, couvrant les actualités agroalimentaires et rurales au niveau de l'UE. Elle fait partie de l’équipe « Nos campagnes en résilience », pour soutenir la communication avec les partenaires ainsi que le travail sur le terrain.